Ma très chère mère,
Fatou, ma Fatou chérie. Maman, mon amour, mon trésor !
Tu me manques tant ! Ma vie est triste et vide sans toi. Ça fait longtemps que j'attends... J'attends avec impatience et espoir ce jour où on se reverra. Je t'embrasserai si fort maman ! Si fort... Je pleure de joie en y pensant et je ressens aussi en même temps l'amère saveur de la solitude...Je pense à toi tout le temps. Tu habites loin de moi. Tu habites dans des terres que je ne connais pas. Tu es parti depuis ci longtemps. En ces temps là, je n'étais qu'une gamine et aujourd'hui je suis devenue une jeune femme qui selon mon frère, te ressemble. Lui, il ne sait même pas à quel point il me rend heureuse quand il dit les mots suivants: "Tu es la fille de ma mère". Je l'aime tant et je t'aime toi aussi maman...Tu es mon héroïne. Tu es ma reine. Tu es une battante et une gagnante.
Maman ! Je t'appelle m'entends tu ? Maman, me vois tu ? Maman, j'ai besoin de toi.
Je ne t'entends pas. Je ne te vois pas ; quand même je sens ta présence. Ta voix autoritaire et douce à la fois résonne au fond de moi. Elle me dit: "Polel, Polelam soit patiente ! On se reverra bientôt, plus tôt que tu ne le penses."
Et je souris ! Je souris avec les larmes aux yeux. Je souris pendant que mon cœur est en pleures... Ça fait si longtemps que tu me dis d'attendre nos futures retrouvailles avec patience. J'attends depuis mes neuf ans; aujourd'hui j'ai vingt et un ans. Et j'attends toujours. Je te crois maman chérie ! Tu m'as toujours dit la vérité ; donc je sais au plus profond de moi que bientôt insha'Allah on se verra...
Maman, j'ai vingt et un ans. Tu te rends compte ! Ne sois pas surprise quand tu me verras. Avant, j'étais petite et fine. Les vents de sable de Podor me faisaient trébucher et tomber, assez souvent. Je suis toujours chétive, mais pas autant qu'avant. Je ne suis pas petite de taille mais tu es beaucoup plus grande que moi.
On a le même visage me dit on !
Nos sourires sont les même, parait il.
Peut être est-ce la vérité, je ne sais pas.
Dans tous les cas, je suis persuadée que ton sourire était beaucoup plus rayonnant que le mien. Le tien illuminait même les plus noirs de mes nuits. C’était ce sourire là qui m'encourageait à surpasser mes peurs. C’était ce sourire là qui m'inspirait à apprendre les secrets de la vie, à m'ouvrir à plusieurs perspectives, à apprendre la langue de Molière et celle du Saint Coran. C'est bien ce sourire si tendre et sincère qui m'inspirait à vouloir découvrir les secrets des mathématiques et des sciences.
C’était ce sourire là qui effaçait ma mine triste quand tu étais souffrante et que je m'inquiétais pour toi. C’était ce même sourire qui m'avait redonner espoir après qu'on m'ait annoncé le départ de mon père pour un voyage qui me séparerait de lui pendant longtemps, pendant très longtemps. C’était ce sourire là qui colorait ma vie d'amour, de bonheur et de passion. C'est bien ce sourire radieux, ce sourire unique qui me manque aujourd'hui.
Néanmoins puisque tu m'as dis d'attendre, j'attendrai. J'attendrai le temps qu'il faut pour te revoir et admirer de nouveau ton sourire : ce soleil de mes nuits...
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