Les jours passèrent, Alou venait presque chaque jour nous voir pendant les récré, et nous devenions de plus en plus proches. Il me raconta par la suite qu’il était parti dans une autre région avec sa grand sœur qui devait rejoindre son mari, et que c’est là-bas qu’il a fait son collège. « Maintenant je suis de retour et je ne le regrette pas » me dit-il un jour. Il m’invitait de temps en temps à des soirées, ou à des événements organisés par ses amis.
Et puis un jour alors qu’on était chez lui, entre amis il me dit : « Viens je vais te montrer un truc »
Il m’invita dans leur salon, me demanda de prendre place. Il se mit à coté de moi, tellement prés de moi que j’entendais sa respiration. Il me regardait comme s’il ne m’avait jamais vu, et moi j’étais la, je ne savais pas quoi faire. J’étais un peu gênée quoi que la situation ne me déplaisait pas du tout. Et soudain il prit ma main et me dit : « Tu sais que je m’intéresse à toi, ça n’est pas la peine que je te le dise tout le monde le sait maintenant. Tu me plais beaucoup, c’est pourquoi je veux tout le temps être avec toi. Mais ma sœur n’arrête pas de me décourager, elle dit que tu es trop têtue, que tu ne veux pas avoir de copains, que tu as rejeté des gens plus intéressants que moi ».
Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine. Intérieurement je me disais j’ai rejeté des gens plus intéressants que toi, peut être, et plus matures que toi certes, mais ça ne sera pas le cas avec toi.
Et moi ne sachant pas quoi répondre je lui dis : « je pensais que tu voulais me montrer un truc ».
Il sourit.
Alou : te montrer un truc ? Oui ! Je voulais te montrer combien j’ai envie de t’embrasser.
Et n’attendant pas ma bénédiction, il se pencha vers moi et m’embrassa si tendrement que j’en avais des frissons. Ensuite il me dit : « laisse-moi t’aimer s’il te plait !! »
Je ne pouvais pas lui donner d’autres réponses, de toute façon j’en avais plus les moyens, je ne pouvais pas lui dire autre chose que oui. Mais je me retins, je ne lui dis rien.
Je me levai et pris la direction de la porte, il me prit par le bras et me dit : qu’est ce que tu as ? Tu es fâchée ? T’ai-je offensé ?
Moi : non !! Pas du tout ! Qu’est ce que tu racontes ?
Je veux juste rentrer il se fait tard.
Alou : « Ne pars pas tout de suite. Attends un peu, s’il te plait. Et dis-moi si j’ai une petite chance avec toi. Ne serait ce qu’un petit essai, tu verras ».
« Je vais te prouver que je t’aime, vraiment. Je te jure, je n’arrive plus à dormir correctement, je pense à toi constamment, j’ai des problèmes pour me concentrer. Ce n’est pas de l’amour, ça ? Donnes moi une chance et tu ne le regretteras jamais ».
Moi : laisse-moi partir, on verra ça après.
Alou : d’accord !! C’est bonne augure, tu ne pas dis non, ça veut dire que j’ai une petite chance.lol !
Moi : on verra dal !!
Alou : t’es trop mignonne avec ton air innocent. Et quand tu souris c’est autre chose, en tout cas moi ça me fait trop plaisir de te voir sourire.
Et on alla rejoindre les autres qui étaient la à rigoler, à se faire des blagues, ils ne se souciaient même pas de notre absence.
L’inévitable devait se produire et il se produisit, c’est officiel maintenant on sort ensemble. C’était prévisible, ça ne pouvait pas être autrement. Je le voulais, je l’ai toujours voulu et ça y est c’est fait nous sortons ensemble, et ça se passait plutôt bien.
On était tout le temps ensemble, il me raccompagnait à la maison à chaque descente et ça ne lui gênait point qu’on ne soit pas du même milieu social. Lui, sa famille faisait partie de celles qui étaient les plus riches de la ville et les plus populaires également. Son père occupait une fonction au niveau de l’assemblée nationale et sa maman était une grande commerçante qui faisait des vas et vient dans différents pays.
Au lycée tout le monde était au courant de notre histoire, parce que d’un coté suis connue grâce à mes résultats scolaires et de l’autre coté lui aussi est populaire parce que c’est un tombeur. Il est arrivé à sortir avec beaucoup de filles de la ville et pas n’importe lesquelles et ce durant les quelques fois qu’il venait passer un peu de temps avec ses parents.
Ainsi donc ces filles voyaient en moi une rivale, certaines d’entre elles n’avaient toujours pas digéré leur rupture et comptaient bien le reconquérir.
Elles me provoquaient chaque fois que l’occasion se présentait, et lui prenait ma défense et les remettait à leur place, heureusement. Parce que moi, je suis trop « yambarr » pour répondre à ces provocations. J’avais aussi trois copines, avec qui j’étais la plupart du temps qui n’hésitaient pas à s’en mêler.
On vivait vraiment le parfait amour Alou et moi. Tout le monde le connaissait à la maison, il venait quand il le voulait et même si je suis absente il restait pour discuter avec ma grand mère qui l’adorait, et lui le lui rendait parfaitement.
Il nous couvrait de cadeaux elle et moi. D’ailleurs l’une des qualités que j’appréciais chez lui c’était sa générosité, il était très généreux.
Parfois quand j’avais cours vers 9h c’est lui qui venait me réveillait, il entrait dans ma chambre et déposait un petit bisou sur ma joue en murmurant dans mon oreille : « lèves toi, sinon je te laisse ici et tu vas marcher jusqu’au lycée ».
Je levai la tête, lui souriais et je faisais un petit étirement façon de réveiller mon corps. Je quittai le lit paresseusement mais très heureuse de voir qu’il est venu me chercher.
Le seul hic dans notre relation c’était que ma sœur Nafy ne l’aimait pas, alors la pas du tout. Elle me disait toujours : « tu sais j’ai pas confiance en Alou, et je ne voudrais pas qu’il te distrait. Tu n’as jamais été dans ces choses, tu te concentrais dans ton travail. Mais maintenant, franchement je te reconnais pas »
Moi : l’essentiel c’est que je fais toujours de bons résultats, alors s’il te plait ne me fatigue pas avec tes soit disant rôles de sœur, je suis assez grande pour savoir ce que je veux.
Nafy : d’accord mais si tu n’arrête pas tes sorties répétées la nuit, j’appelle maman et je lui raconte tout.
Moi : qu’est ce que tu attends ? Vas y et ne te gênes pas pour lui dire aussi que je vais plus a l’école.
Et elle s’énervait, commençait à me dire des choses vraiment atroces. Mais moi je m’en foutais pas mal du moment que ma grand mère est d’accord, je peux bien me passer de celui de ma grand sœur.
Et en ce moment j’étais loin de me douter qu’à cause de cet homme pour qui je me battais presque avec ma sœur, cette sœur qui était presque comme une maman pour moi parce que c’est elle qui assurait à la maison, qu’à cause de cet homme ma vie allait être un calvaire.
Non ! Je ne pouvais pas m’en douter ! En plus qu’il soit à l’origine, non c’était inimaginable pour moi.
Mais je vous dis que la vie est pleine de surprises. Et que tous les choix que nous faisons définiront ce que nous allons être
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