La cérémonie du mariage soninké repose sur une procédure bien précise. Pour celles qui à l’approche de leur mariage veulent en savoir plus, voici les étapes clés de ce mariage traditionnel.
La demande en mariage
Quand un homme souhaite demander la main d’une jeune femme, il doit d’abord en parler à son père. Un émissaire est ensuite envoyé auprès de la famille de la jeune fille. Il doit faire cette demande auprès des oncles paternels de la future mariée. Après cette rencontre, il doit s’entretenir avec la mère et les membres de sa famille. Tout le monde est alors au courant et tous se mettent d’accord sur la suite des évènements.
Le tamma : l’équivalent des fiançailles
Si tout se passe bien, cette suite logique débouche sur la prise du tamma (dot). Ce jour là, les deux familles procèdent aux fiançailles. Souvent cela se passe à la mosquée ou chez les parents de la fille. Le fiancé s’acquitte d’une dot.
Le futtu : mariage en vue
Après l’acceptation du tamma, la période qui s’écoule jusqu’au jour du mariage peut-être plus ou moins longue. Cette date sera fixée après le consentement final appelé futtu. Ce jour là, la mère de la jeune fille distribue des noix de cola. Et après concertation, la date du mariage est fixée.
Le jour du mariage : le legundé
Chez les soninkés, le jour du mariage est fixé un jeudi. La future mariée passe toute la journée dans une chambre, le Karikompé. Elle doit se tenir assisse. Toutes les filles se réunissent dans la chambre pour la soutenir. L’ambiance festive commence ce jour là. On bat le tam-tam traditionnel, on danse et on chante les louanges et la généalogie (Dambé) de la future mariée.
Le soir, on prépare la jeune fille car c’est cette nuit qu’elle rejoindra la maison conjugale.
Avant de s’y rendre, elle est lavée et habillée en blanc avec des vêtements traditionnels. Mais avant de présenter la magno (future mariée) à la famille de son futur mari, les jeunes filles négocient. Pour la dévoiler, il faudra les payer. C’est un moment propice aux pour-parlers dans la bonne humeur. Enfin, quand la jeune femme est libérée, elle dit au revoir à ses parents et se rend dans son foyer. Le legundé (transfert vers la maison conjugale) peut commencer. La jeune femme est accompagnée par des femmes, des tantes et des jeunes filles.
Pendant une semaine, elle restera dans son magnou nkompé (chambre de mariée) Tout ce temps là, elle ne fait aucune tâches ménagères. C’est sa khoussoumanta-yakharé, qui s’en occupe et qui la conseille durant cette période. C’est l’une de ses meilleures amies pas encore mariées qui joue ce rôle. Le marié reçoit également les conseils d’un ami proche, le khoussoumanta-yougo
Le Yaxandé : la grande fête
C’est le jour J. La mariée sort de son magnou nkompé.
C’est une grande fête. On invite tout le monde. La cuisine doit être parfaite et être en quantité suffisante. On en profite pour déballer tous les cadeaux ainsi que les présents que la mère fait à sa fille. Bijoux en or, argent, vêtements traditionnels, vaisselles,… On présente tout aux invités.
Placées au centre, la mariée et sa khoussoumanta-yakharé sont habillées et drapées de tenues traditionnelles de mariés. Après ce moment solennel, tout le monde peut se remettre à danser et à chanter. Et la mariée peut revêtir ses plus beaux habits. Ce soir, c’est elle la reine. |