« Quant à celles dont vous redoutez (savez) la négligence (la trahison, la rébellion), exhortez-les, éloignez-les alors dans le lit et frappez-les… » (Le Coran, Sourate 4 verset 34)
Beaucoup ont vu dans ce verset la preuve que l’homme avait tous les droits, dont celui de frapper son épouse. Or, à y regarder de plus près, – et en tenant compte de nos remarques préalables – on s’aperçoit qu’il n’en est rien. Tous les commentateurs, et cela dès la première heure, ont relevé le fait qu’il y avait dans ce verset un ordre précis qui, par sa nature même, avait une fonction pédagogique pour des hommes enclins à en venir immédiatement aux mains (ce verset fut révélé après qu’une femme se soit plainte auprès du Prophète d’avoir été giflée par son mari).
En effet, il s’agit, d’abord, d’exhorter son épouse (et non pas de "l’admonester") en lui rappelant les versets du Coran, disent les commentateurs. Ce n’est que si elle persiste dans son attitude de refus qu’il convient de “l’éloigner dans le lit”, ce que l’on a interprété comme le fait de manifester clairement la volonté d’éviter tout rapport affectif.
Tous les commentateurs du Coran, du plus ancien au plus récent, ont précisé qu’il s’agissait de passer par les étapes prescrites. Si rien de tout cela n’y fait, alors, et alors seulement, il serait permis de “frapper” : il s’agit, comme le dit Ibn Abbâs dans une interprétation qui date de l’époque du Prophète d’un coup symboliquement manifesté à l’aide de la branchette du Siwâk, utilise au Sénégal pour faire des balaies (« Bantou Balaie en Wolof ».
Le propos devient dès lors plus clair. Il est donc précisé que toutes les voies doivent être utilisées avant d’en arriver à exprimer sa mauvaise humeur. Il est la dernière instance et en cela, dans son non-violence, il est la seule violence permise. Le message adressé aux hommes est on ne peut être plus clair : la voie du dialogue et de la concertation avec son épouse est celle qui correspond à l’esprit qui se dégage de la Révélation. |