Tu nous réveillais à l’aurore
Chaque fois que la nuit venait à peine
De rendre ses armes, de périr
Toi et le froid complices
Et tous nos corps fragiles et frêles
Encore hypnotisés, fascinés,
Sous l’emprise de la toile du sommeil
Tu nous aimais à en mourir
J’épiais tes larmes abondantes
Que tu cachais souvent
Et tu faisais mine de rire
Je n’osais regarder ton visage
De peur d’éveiller les soupçons
De peur que mes larmes perlent
Malgré le poids du temps pesant
Tu parvenais passionnément à le défier
Tu parais notre table de mets improvisés
Pour satisfaire notre faim de loups
Quand une fièvre rôdait autour de nous
Comme un chacal affamé devant sa proie
Tu veillais tard la nuit, sans fermer l’œil
Et ton doux chant nous tenait compagnie
Tu guettais nos chemins du retour
Chaque fois que le soleil
S’en allait mourir sous les décombres des ombres
Ton sourire illuminait nos pas
Nos nuits baignaient dans la lumière
Tes yeux étaient le reflet, l’étincelle,
L’étoile, l’unique phare…
Femme, amie, confidente…
MERE, je te dis
Main sur le cœur…
Mohammed El Qoch