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Entretien avec ALIOUNE BADARA SENE président du comité de santé du centre de santé Nabil CHOUCAIR, président des organisations communautaires, et conseiller municipal de la jeunesse de la commune de patte d’oie

3 months ago, Written by , Posted in ACTUALITÉ
ALIOUN B SENE DG NABIL CHOUCAIR

ALIOUN B SENE DG NABIL CHOUCAIR

Jeune et très impliqué pour le développement de notre pays, ALIOUNE BADARA SENE nous parle, à travers cette interview, de son travail dans le centre de santé et ses ambitions, en tant que jeune, d’aider la jeunesse.


Pouvez vous vous présentez en quelques mots ? 

Je vous remercie, je m’appelle Alioune Badara SENE, je suis présentement le président du comité de santé de Nabil CHOUCAIR en même temps je suis le président du conseil communal de la jeunesse de la commune de patte d’oie et président des organisations communautaires de base du district sanitaire. Je suis un jeune qui à bas âge s’est intéressé aux mouvements associatifs, raison pour la quelle je suis membre de plusieurs associations au niveau des nawetanes à savoir l’ODECAV de Dakar, la zone 8b ; au niveau du conseil départemental de la jeunesse et aussi dans d’autres associations. Sur le plan professionnel, je suis gestionnaire de formation.

Depuis quand occupez-vous le poste de président du comité de santé de Nabil CHOUCAIRE ? 

Je suis dans le centre depuis 2008 mais je suis devenu président en 2009. À l‘origine, en 2008 sur un arrêté du préfet de Dakar, j’ai été nommé avec d’autres personnes membre d’un comité de partie provisoire. Il y avait une équipe mais qui avait fait des fautes raison pour laquelle elle a été enlevée de cette fonction. Puis on a installé un comité provisoire dont j’ai été le vice président et au bout de 6 mois, il est devenu définitif et j’ai été élu président en 2009.

Depuis lors avez- vous fait des évolutions dans le centre de santé ?

Tout d’abord à notre arrivé, on a fait un état des lieux, on a constaté qu’il manquait du tout au niveau du centre et que beaucoup de services ne fonctionnaient pas. Tout cela était du a l’ancienneté ; il y avait plus d’ambulance, pas de salle de radio, pas de médicament au niveau de la pharmacie ; on avait même des problèmes à avoir des seringues, beaucoup de services de marchaient plus, il n’y avait pas de groupe électrogène ni rien. À notre arrivé, on a développé une politique qui nous a permis de capter des fonds et de gagner la confiance des populations. Avec cette politique on a fait un grand combat, on s’est battu corps et âmes pour que les populations et les partenaires soient confiants, et ils sont revenus au centre. Ainsi avec l’entrée de fond, on a pu créer beaucoup de nouveaux services comme le labo qui est entièrement équipé et qui fonctionne 24h/24, on a acheté un groupe électrogène on a redémarré le service au niveau du cabinet dentaire et au niveau du bloc opératoire avec trois salles d’intervention. La maternité a été complètement rénovée ; au niveau de l’accueil, plusieurs choses ont été changées, maintenant il y a un service d’accueil pour les patients, des salles d’attente aménagées avec des téléviseurs pour occuper les patients. Tout cela a été réalisé par le comité santé. L’on a aussi des partenaires qui nous accompagnent comme la fondation SONATEL, et d’autres organisations comme les réseaux communautaires et les « badienou gox ».

Et côté personnel, combien de personnes travaillent avec vous ?

Au niveau du centre, il y a 250 agents environ dont l’état prend en charge les 55 qui sont des fonctionnaires de l’état, et la commune de patte d’oie prend en charge 43 agents. Tout le reste est payé par le comité : Il y a des médecins, infirmiers, aides soignants, agents d’entretien, de sécurité, des superviseurs, des vendeurs au guichet, des jardiniers etc.

Est-ce-que vous rencontrez des difficultés avec votre travail de président de comité santé ?

Est-ce-que vous rencontrez des difficultés avec votre travail de président de comité santé ?
Comme tout travail, nous rencontrons souvent des difficultés. Ainsi, par rapport aux moyens matériels comme l’ambulance qu’on a acquis depuis 2009 et qui date de longtemps, nous nous battons au niveau du ministère pour en avoir une nouvelle. Il y a aussi les retards sur les remboursements des agents avec la gratuité des césariennes et autres ; il y a une partie qui est remboursée mais il y a quelques retards et cela nous bloque un peu au niveau du fonctionnement. Il y a également des difficultés avec le personnel municipal qui est souvent en grève et qui est là depuis trois mois sans salaire, et cela bloque également le fonctionnement du centre. C’est la commune qui ne paye pas ses agents et c’est un fait que nous condamnons et je profite de l’occasion pour appeler les autorités à faire des actions par rapport à cela. Mais sinon nous avons le partenariat du ministère de la santé avec l’agence de la couverture maladie universelle avec qui nous communiquons, ainsi beaucoup d’agents ont été remboursés et ils nous ont promis que d’ici la fin de l’année le reste sera remboursé. Mais sinon le problème majeur que nous rencontrons est celui avec le personnel que la municipalité doit prendre en charge.

Comment trouvez-vous le niveau de la santé de manière générale au niveau du Sénégal, avec les progrès de l’État et de la médecine entre autre ?

Il y a des efforts qui sont en train d’être faits par l’état. Un exemple patent est la couverture maladie universelle. En outre, l’État vise à faire entrer plus de 70% de la population dans les mutuels de santé pour les aider à amoindrir le coût. Il fait des recrutements et augmente les structures sanitaires. Mais il y a toutefois quelques manquements d’ordre logistiques, de personnel, de structures.

Si vous étiez ministre de la santé quelles sont les premières mesures que vous prendriez ?

Ce n’est pas dans mon agenda d’être ministre de la santé. Mais étant acteur de la santé nous avons eu connaissance du terrain par rapport à beaucoup de maux. Mais le ministre de la santé, le professeur Eva Marie Cole SECK, fait beaucoup de performances, elle a une grande expérience et si on était là, on suivrait ses pas car on a vue le travail qu’elle abat au niveau de la santé, donc rien à dire.

Comment vous alliez votre travail de président de comité de santé à vos activités de politicien ?

Je ne suis pas politicien mais je suis membre d’un mouvement citoyen appelé « sunu elegu gox ». À partir de ce mouvement nous faisons des actions politiques Ainsi nous faisons des activités associatifs pour aider nos populations car la politique c’est l’art d’aider la cité, l’art d’accompagner la cité, l’art de gérer la cité. Lors des dernières élections locales nous avons participé mais sous la bannière des verts. En effet, en 2014, pour être conseiller municipal, il fallait faire partie d’un parti politique. On a eu un résultat satisfaisant avec 6 conseillers municipaux dont moi-même, car notre objectif était d’être des conseillers municipaux et de participer aux activités de la commune. Par rapport à la commune il y a des manquements car depuis 2014, il n’y a rien de palpable que la commune ait fait, c’est des gens qui ne comprennent pas comment gérer une commune, il n’y a pas de politique de jeunesse. Ainsi, depuis que le nouveau maire est installé il n’y a pas eu de subvention pour la jeunesse, pour les ASC (Associations Sportives et Culturelles) et pour le conseil de la jeunesse. Et tout ceci sont des directives qui sont dans le code des collectivités locales qui dit que la commune doit accompagner les jeunes et les ASC, mais il y a aucun effort qui a été fait, pas d’activité, pas de subvention pour la jeunesse et ça nous le condamnons car on est dans un pays où il y a majoritairement des jeunes. Aujourd’hui, il y a l’ANPEJ qui va donner des financements pour le compte de la région de Dakar avec plus de 600 financements pour les jeunes, donc l’état fait son travail. Alors comment on peut avoir à côté des maires à qui les contribuables versent des taxes et autres de plusieurs millions, et avec l’acte 3 de la décentralisation avec quoi la commune de patte d’oie est passé d’un budget de 400 000 000 à un milliard ou 900 000 000, et aujourd’hui on nous dit qu’on ne peut pas accompagner la jeunesse, c’est inacceptable et nous continuons de le dénoncer et de notre côté nous menons des activités. Ainsi, cette année, nous avons fait des activités sociales, durant le mois de ramadan, on a fait une caravane pour faire des dons de « ndogou » dans toute la commune. Sur le plan sportif on a encadré les jeunes qui sont dans les écoles de football, nous leur avons organisé des tournois et on a fait leur promotion. Nous avons organisé des formations en entreprenariat pour la jeunesse. Et depuis 6 ans nous organisons des cours de vacances gratuits pour les élèves, nous prenons en charge les professeurs et à la fin nous offrons aux élèves des kits scolaires. Sur le plan environnemental, on a plusieurs partenaires, ainsi nous allons dans beaucoup de structures et d’associations pour les aider dans leurs activités. Il ya donc plusieurs efforts qui sont faits mais en retour nous ne voyons pas de subvention de la commune. Mais comme il y a de bonnes volontés on se contente d’eux, on les sensibilise et ils sont réceptifs et nous accompagnent.

Donc vous avez eu des résultats satisfaisants ?

Oui, plusieurs objectifs ont été atteints et nos principaux bailleurs sont des personnes ressources qui sont dans la ville, la fondation CMS, ITAL CRE qui est une entreprise locale, le fond nationale de crédit pour les femmes, le députe Mme PAYE et beaucoup d’acteurs de développement dans la commune.

Pour le moment, est-ce que vous appelez l’État à prendre des mesures pour le développement des activités de la jeunesse ?

Bien sûre. Il y a l’acte 3 de la décentralisation qui a réglé plusieurs problèmes par rapport à la jeunesse. Il y a aussi le code des collectivités locales qui dit que les communes doivent accompagner les conseils communaux de jeunesse et les ASC. Et le conseil communal regroupe l’ensemble des structures de la jeunesse donc l’État a fait ce qu’il devait faire mais il reste des suivis. Par exemple moi j’ai toujours donné des conseils à certains représentants de l’État tels que les préfets et sous préfets pour appuyer les conseils communaux de jeunesse. C’est-à-dire que quand les communes élaborent leur budget, ils doivent prévoir une ligne pour la subvention de la jeunesse ; et si cela ne figure pas dans le budget le représentant le rejette.

Quel message lancez-vous aux jeunes ?

Comme je l’ai toujours dit, l’avenir nous appartient. Le Sénégal, ce n’est pas des étrangers qui vont venir le construire à notre place, c’est nous jeunes qui devons, dans un mouvement d’ensemble, main dans la main et dans la paix, essayer de le construire. Il y a beaucoup de choses à faire dans ce pays et il y a beaucoup d’opportunités et de ressources qui sont là, si vous regarder l’actualité, on parle de pétrole, de charbon de gaz etc. Il y a aussi les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et beaucoup d’autres qui sont porteurs. Tout un chacun doit se dire que les possibilités sont là, comment faire pour y accéder et comment développer le pays. Ceci doit être notre principal objectif. Mais l’on doit aussi essayer d’être dans quelque chose, avoir un travail ou un financement et ne pas attendre de l’état. Il y a beaucoup d’institutions financières et d’agents de financement qui sont là et les jeunes doivent essayer d’aller vers ces institutions, avoir des idées et les matérialiser. Moi mon objectif est d’essayer de développer un projet, y inviter les jeunes et que chacun y gagne.

Nous vous remercions de l’interview que vous nous avez accordée ?

C’est moi qui vous remercie.

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